Une rencontre fortuite sur un quai de métro en 1997, un après-midi au foyer, une rencontre collective, une amitié s’installe alors que peu de mots sont échangés, un thé, puis deux, puis trois, partagés. S’ensuivent 12 ans de visites, de sourires, d’aides, de photos, toujours dans la volonté de montrer un monde méconnu, là tout près de nous, sans misérabilisme et sans voyeurisme. 

ils viennent du Sénégal, ils ont quitté leur pays, leur famille, leur vie, souvent un statut social. Ils sont venus ici avec un visa acheté à crédit, ils sont restés par nécessité, même sans travail en France, leur situation reste plus “confortable” que de rentrer près des leurs. Ils travaillent avec le passeport d’un autre, avec la complicité des entreprises et des boîtes d’interim’.

Ils parlent sans arrêt, boivent du thé, du thé et encore du thé.Ils ne sortent que pour travailler et pour faire quelques courses au supermarché du quartier.Ils transportent nos colis, nettoient nos rues, nos trains et nos métros, déchargent les marchandises que nous nous empresserons d’acheter, souvent si tôt le matin que leur journée de travail se termine avant même que nous nous levions.

Ils ne connaissent presque rien de notre pays, ne mangent que des plats sénégalais, la télévision est bloquée sur  la RTS. Ils sont là-bas plus qu’ici, ils sont invisibles.